En 1919, à l’annonce de la maladie de son père, il quitte Hokkaidō pour lui rendre visite. Il abandonne alors ses biens à maître Takeda. Sur le chemin du retour, il entend parler d’un guide spirituel charismatique : Onisaburō Deguchi, dirigeant du mouvement religieux Ōmoto-kyō, basé à Ayabe. Ueshiba décide de le rencontrer. C’est un tournant majeur dans sa vie.
Il s’installe dans la communauté religieuse d’Ayabe, où il fonde le dojo Ueshiba Juku. Il y développe une pratique martiale imprégnée des valeurs spirituelles du shintoïsme, de l’humanisme universel et d’un profond respect du vivant. C’est une période difficile : Il perd alors ses deux fils de maladies infantiles : Takemori (trois ans) mourut au mois d’août, son second fils Kuniharu (un an) en septembre, ainsi que sa mère Yuki. En 1921, c’est la naissance de Kisshomaru Ueshiba. C’est à cette période que son art commence à se différencier du Daitō-ryū : il met l’accent sur la non-opposition, la fusion avec l’énergie de l’autre.
En 1924, Ueshiba le suit en Mongolie, dans un projet utopique de communauté spirituelle universelle. Ce voyage, qui se termine par leur arrestation et leur détention, est un moment fondateur pour Ueshiba. Il y vit une expérience qu’il qualifie de révélation spirituelle : il dit avoir ressenti l’unité entre l’univers et lui-même, et la capacité de percevoir les attaques avant qu’elles ne se produisent.
En 1925 il est défié par un maitre de Kendo, officier de marine, qu’il affronte sans chercher à se battre. Il visualise et esquive tous les coups. Après le combat, en se reposant, il eu une révélation personnelle, un Satori : « ’il baigne dans une lumière dorée descendue du ciel. Son corps et son esprit deviennent de l’or.[…] À cet instant, je pouvais comprendre que le travail de toute ma vie dans le Budō était réellement fondé sur l’amour divin et sur les lois de la création »

